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LIVRE
Pierre Loze
Art &Build. A humanistic approach to architecture
Victoria,The Images Publishing,2009, 479p.
 

ESPACE EXPO
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18.11 - 10.12.2011
Piet Linnebank - paintings & drawings
www.petrus.me

Dans les premières années de la vie, Piet Linnebank parlait avec son frère jumeau Jaap une langue qu'eux deux seuls comprenaient. Cette première approche du langage a peut-être déjà marqué la recherche d'expression qui est la sienne aujourd'hui. Ayant passé son enfance et son adolescence à Bruxelles, dans les années 60 à 80, il fait aussi partie de ces jeunes gens qui, les premiers, ont connu autour de l'Ecole Européenne cette ambiance d'échanges cosmopolites et multilingues qui caractérise aujourd'hui si fortement Bruxelles. Ensuite, Jaap s'est lancé dans la finance et Piet dans la peinture et le dessin qu'il avait toujours pratiqué en marge de ses cahiers d'écolier. Après une année de formation à Saint-Luc Bruxelles, il est allé compléter ses études artistiques à Amsterdam, y a vécu et travaillé comme artiste, et s'y est occupé d'une galerie et d'ateliers d'art.

Les péripéties de la vie l'ont ramené à Bruxelles où il se sent vraiment revenu chez lui, à cinquante ans, dans cette ville ouverte et indéfinie, insaisissable, sans véritable patriotisme et ni identité marquée, sinon européenne. Il y partage son temps entre la peinture et l'écriture, entretenant une sorte de flottement libre, un état de réceptivité total aux sensations et aux événements qui l'entourent, dont il rend compte sans censure, ni hiérarchie. Avec ses amis peintres, il a toujours aimé partager le moment de la création, et même réaliser des œuvres partagées. Il lui arrive aussi de reprendre un tableau, de se greffer sur une trace, ou d'amplifier un chemin laissé par un autre. Son art évoque un flux continu de sensations, un défilé de visages, de fantasmes confondus. Le refus du rigorisme moral hollandais le conduit, par réaction, à une absence de pudeur libératrice et pleine d'humour, qui croque les situations de la vie, avec un graphisme vif et rapide qui rappelle parfois celui de l'américain Crumb ou du hollandais Willem. Mais parfois l'ami Ensor n'est pas loin. C'est aussi un aquarelliste virtuose qui, sans s'appesantir, avec fraîcheur et tendresse, nous montre les filles derrières les vitrines, comme on en voit tant à Amsterdam ou Bruxelles. Son goût pour la recherche expressive est si fort et direct qu'il passe complètement au-dessus des conventions académiques et échappe aux chemins trop bien balisés de l'art d'aujourd’hui, dit contemporain.

L'exposition qu'il nous propose sera changeante, elle évoluera au cours de son déroulement, en fonction de ce qu'il réalisera sur place et des événements qu'il suscitera avec des amis artistes. Cet espace d'exposition sera durant quelques semaines son atelier et un lieu de rencontre et d'expression libre. Nous voilà donc revenu au temps de la Libre Esthétique, et fort heureusement bien loin de "l'Art Comptant-pour-rien".

Pierre Loze
Octobre 2011

ESPACE EXPO
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12.10 - 30.10.2011
Espace d'exposition - Association du patrioine artistique
Laura Brodzki - Peintures
rue Charles Hanssens 7, 1000 Bruxelles
Après avoir longtemps fait autre chose, Laura Brodzki est revenue à l'expression artistique, sa vocation première. Elle est revenue à la peinture par la peinture comme on revient à la vie, en se souvenant d'être vivante et en s'enchantant de l'être. Sa peinture est un chemin. En regardant ses tableaux, nous ne pouvons que la suivre, nous entrons dans cet art qui travaille la matière même et en tire ses effets puissants par une expression rugueuse, sans recours au dessin, et sans chercher à organiser une signification. Non, ce n'est pas de la peinture abstraite. Au contraire, c'est même plutôt concret, on pense confusément à des murs délavés, des coulées de boue, des plages de sables, ce sont des suggestions de nuit, d'aurore ou de couchant... Mais, c'est nous qui en contemplant ces tableaux, confrontés à un sorte d'infini muet et rude, entrons dans une sorte de méditation, faisons abstraction de bien des choses et revenons de loin. De ce lointain où nous mène la vie ordinaire. Par cette matière élémentaire, qui nous prend dans ses replis, ses ruisseaux, ses coulées, et les suggestions qui en découlent, nous voilà tournant paradoxalement le dos au matérialisme.

Cet art est un retour à la sensation, à un regard, à l'enchantement de voir, à l'autosuggestion de la beauté.

Pierre Loze - septembre 2011

ESPACE EXPO
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16.09 - 08.10.2011
espace d'exposition
Visages urbains et traces humaines
François Loze  
rue Charles Hanssens 7, 1000 Bruxelles, rue Charles Hanssens 7, 1000 Bruxelles
info@associationdupatrimoineartistique.be
 
Vingt ou trente ans séparent certaines de ces photos. Et pourtant, c’est le même regard, la même recherche. J’y vois une sorte d’écartèlement de la forme et du sens qui crée un appel d’air, un mouvement, quelque chose d’insaisissable où se défont les conventions de la représentation ou les genres de la photo. Les procédés de cet ébranlement sont avant tout plastiques, mais visent la signification de l’image. Au-delà de l’Inde ou de l’Amérique latine, au-delà de Paris, Moscou, Calcutta ou Lisbonne que l’on peut reconnaître ou situer, quelque chose qui vibre de la même façon et qui a trait à la condition des hommes sur terre. Depuis longtemps, depuis l’enfance, je crois, François regarde le monde depuis une autre rive. C’est quelqu’un qui accorde la même importance à tous les êtres vivants qui l’entourent. Les animaux sont pour lui des personnes et il n’a aucune peine à se faire comprendre d’eux. Il est étranger aux systèmes de pensée de l’Occident, à ses rapports de force, à sa vision du Tiers monde, qu’il a d’ailleurs rejoint, et où il vit à présent.

À dix-huit ans, alors qu’il dessinait beaucoup, il s’est orienté vers la photo parce que, disait-il, elle lui permettait d’exprimer ce qu’il avait recherché jusqu’alors à travers le dessin ou la peinture. Je ne soupçonnais pas combien son parcours allait être solitaire et secret. Je l’ai attiré dans mes aventures éditoriales auxquelles il a pris une part importante comme éditeur, maquettiste et même photographe. Mais il cherchait autre chose. Parfois, il me montrait une de ses photos, significative à ses yeux, mais je le voyais très peu soucieux de se manifester à travers les canaux et formats par lesquels on se fait connaître. Une œuvre faite comme pour soi-même, comme une ligne de vie, comme un journal intime, où l’on se forge une vision à travers telle photo prise à Lisbonne en 1980, telle autre à Calcutta vers 1990, ou telle autre dix ans plus tard à Buenos Aires… Non pas de la prose de reportage ou de compte-rendu destinée aux revues de voyage, mais une sorte de travail de poète, qui patiemment cisèle un regard sur le monde où souffle un autre esprit.

Pierre Loze - août 2011