| ESPACE EXPO | |
![]() |
18.11 - 10.12.2011 Piet Linnebank - paintings & drawings
www.petrus.me
Dans les premières années de la vie, Piet Linnebank parlait avec son frère jumeau Jaap une langue qu'eux deux seuls comprenaient. Cette première approche du langage a peut-être déjà marqué la recherche d'expression qui est la sienne aujourd'hui. Ayant passé son enfance et son adolescence à Bruxelles, dans les années 60 à 80, il fait aussi partie de ces jeunes gens qui, les premiers, ont connu autour de l'Ecole Européenne cette ambiance d'échanges cosmopolites et multilingues qui caractérise aujourd'hui si fortement Bruxelles. Ensuite, Jaap s'est lancé dans la finance et Piet dans la peinture et le dessin qu'il avait toujours pratiqué en marge de ses cahiers d'écolier. Après une année de formation à Saint-Luc Bruxelles, il est allé compléter ses études artistiques à Amsterdam, y a vécu et travaillé comme artiste, et s'y est occupé d'une galerie et d'ateliers d'art. Les péripéties de la vie l'ont ramené à Bruxelles où il se sent vraiment revenu chez lui, à cinquante ans, dans cette ville ouverte et indéfinie, insaisissable, sans véritable patriotisme et ni identité marquée, sinon européenne. Il y partage son temps entre la peinture et l'écriture, entretenant une sorte de flottement libre, un état de réceptivité total aux sensations et aux événements qui l'entourent, dont il rend compte sans censure, ni hiérarchie. Avec ses amis peintres, il a toujours aimé partager le moment de la création, et même réaliser des œuvres partagées. Il lui arrive aussi de reprendre un tableau, de se greffer sur une trace, ou d'amplifier un chemin laissé par un autre. Son art évoque un flux continu de sensations, un défilé de visages, de fantasmes confondus. Le refus du rigorisme moral hollandais le conduit, par réaction, à une absence de pudeur libératrice et pleine d'humour, qui croque les situations de la vie, avec un graphisme vif et rapide qui rappelle parfois celui de l'américain Crumb ou du hollandais Willem. Mais parfois l'ami Ensor n'est pas loin. C'est aussi un aquarelliste virtuose qui, sans s'appesantir, avec fraîcheur et tendresse, nous montre les filles derrières les vitrines, comme on en voit tant à Amsterdam ou Bruxelles. Son goût pour la recherche expressive est si fort et direct qu'il passe complètement au-dessus des conventions académiques et échappe aux chemins trop bien balisés de l'art d'aujourd’hui, dit contemporain. L'exposition qu'il nous propose sera changeante, elle évoluera au cours de son déroulement, en fonction de ce qu'il réalisera sur place et des événements qu'il suscitera avec des amis artistes. Cet espace d'exposition sera durant quelques semaines son atelier et un lieu de rencontre et d'expression libre. Nous voilà donc revenu au temps de la Libre Esthétique, et fort heureusement bien loin de "l'Art Comptant-pour-rien". Pierre Loze Octobre 2011 |
| ESPACE EXPO | |
![]() |
12.10 - 30.10.2011 Espace d'exposition - Association du patrioine artistique Laura Brodzki - Peintures rue Charles Hanssens 7, 1000 Bruxelles
Après avoir longtemps fait autre chose, Laura Brodzki est revenue à l'expression artistique, sa vocation première. Elle est revenue à la peinture par la peinture comme on revient à la vie, en se souvenant d'être vivante et en s'enchantant de l'être. Sa peinture est un chemin. En regardant ses tableaux, nous ne pouvons que la suivre, nous entrons dans cet art qui travaille la matière même et en tire ses effets puissants par une expression rugueuse, sans recours au dessin, et sans chercher à organiser une signification. Non, ce n'est pas de la peinture abstraite. Au contraire, c'est même plutôt concret, on pense confusément à des murs délavés, des coulées de boue, des plages de sables, ce sont des suggestions de nuit, d'aurore ou de couchant... Mais, c'est nous qui en contemplant ces tableaux, confrontés à un sorte d'infini muet et rude, entrons dans une sorte de méditation, faisons abstraction de bien des choses et revenons de loin. De ce lointain où nous mène la vie ordinaire. Par cette matière élémentaire, qui nous prend dans ses replis, ses ruisseaux, ses coulées, et les suggestions qui en découlent, nous voilà tournant paradoxalement le dos au matérialisme.
Cet art est un retour à la sensation, à un regard, à l'enchantement de voir, à l'autosuggestion de la beauté. Pierre Loze - septembre 2011 |
| ESPACE EXPO | |
![]() |
16.09 - 08.10.2011 espace d'exposition Visages urbains et traces humaines François Loze rue Charles Hanssens 7, 1000 Bruxelles, rue Charles Hanssens 7, 1000 Bruxelles
info@associationdupatrimoineartistique.be À dix-huit ans, alors qu’il dessinait beaucoup, il s’est orienté vers la photo parce que, disait-il, elle lui permettait d’exprimer ce qu’il avait recherché jusqu’alors à travers le dessin ou la peinture. Je ne soupçonnais pas combien son parcours allait être solitaire et secret. Je l’ai attiré dans mes aventures éditoriales auxquelles il a pris une part importante comme éditeur, maquettiste et même photographe. Mais il cherchait autre chose. Parfois, il me montrait une de ses photos, significative à ses yeux, mais je le voyais très peu soucieux de se manifester à travers les canaux et formats par lesquels on se fait connaître. Une œuvre faite comme pour soi-même, comme une ligne de vie, comme un journal intime, où l’on se forge une vision à travers telle photo prise à Lisbonne en 1980, telle autre à Calcutta vers 1990, ou telle autre dix ans plus tard à Buenos Aires… Non pas de la prose de reportage ou de compte-rendu destinée aux revues de voyage, mais une sorte de travail de poète, qui patiemment cisèle un regard sur le monde où souffle un autre esprit. Pierre Loze - août 2011 |
| ESPACE EXPO | |
![]() |
05.05 - 12.06.2011 GUILLAUME VOGELS (1836-1896) rue Charles Hanssens 7, 1000 Bruxelles, rue Charles Hanssens 7, 1000 Bruxelles
Prolongation jusqu'au dimanche 12 juin
Guillaume Vogels un peintre luministe Vogels fait partie de ces peintres qui vers le milieu du XIXe siècle comprirent qu’il n’y avait rien à attendre de la peinture bourgeoise et eurent la bonne idée d’aller planter leur chevalet dans la nature, devant la mer, dans la campagne ou dans la forêt. Finis les sujets nobles, les intentions morales, les anecdotes piquantes, ils essayaient de rendre simplement ce qu’ils avaient sous les yeux et leur fascination pour la nature. À ces sujets nouveaux, Guillaume Vogels ajouta la représentation des rues de Bruxelles qu’il aimait rendre sous la pluie : Matinée pluvieuse, Temps de chien. Il se plaisait même à montrer les ruelles des quartiers populaires où il avait passé sa jeunesse, pas seulement sous la pluie mais aussi de nuit, éclairées par le seul quinquet d’un réverbère. Le premier, il a montré ces « strottjes de Bruxelles », indignes de faire un sujet artistique, qui faisaient un peu honte aux bourgeois rêvant d’une capitale faite de belles avenues, ce Bruxelles au pavé mouillé qui contribua à la mélancolie de Nerval, et qui fit tant horreur à Baudelaire. Il peignit d’abord à la façon de Corot, sans précision excessive, avec un sens du résumé, et parfois même avec de beaux empâtements qui d’un trait résument un aspect du paysage ou de l’horizon. Déjà, dans les tableaux de cette période, il se dégage parfois une telle fraîcheur qu’on la ressent comme la rosée, en même temps que nous reviennent à l’esprit les parfums qui l’accompagnent. Ses paysages sous la neige sont si justes qu’ils réveillent en nous des émerveillements d’enfant. Pour rendre les brouillards et les effets lumineux ou atmosphériques qui l’intéressaient, Vogels se mit à utiliser une technique de frottis ou de coups de pinceaux ou même de coups de palette : ses peintures à partir d’une certaine époque contiennent des morceaux de bravoure où, avec une audace stupéfiante, il arrive à rendre un éclat de lumière d’un trait de couteau ou un brouillard par un frottis barbouillé. On imagine le succès qu’il rencontra dans les salons où l’on en était resté aux moutons de Verboeckhoven sous un ciel morne. L’intérêt de Guillaume Vogels pour les phénomènes atmosphériques qui sont le véritable sujet de ses tableaux fait de lui un peintre moderne, mais n’en fait pas un Impressionniste. Il participe certes à une sensibilité nouvelle pour la lumière qu’on retrouve alors dans la musique et la poésie de son temps, mais à la différence de ses confrères parisiens, il ne pose pas côte à côte des couleurs différentes pour qu’elles produisent un effet optique à distance. C’est par la voie de l’observation et de la volonté du rendu qu’il en vient à inventer cette technique qui glisse subrepticement dans l’ellipse d’un frottis, d’une griffe, d’un barbouillis ou d’un aplat de coup de couteau pour rendre l’insaisissable. Et cette technique s’accorde particulièrement au rendu des spécificités du climat belge, toujours nuageux et mouillé. On peut parler d’un Luministe, et même d’un Luministe passionné, mais le terme Impressionniste, qui le met à la remorque d’un autre mouvement, laisse échapper son originalité. Vogels eut quelques clients collectionneurs assidus dont un biscuitier qui possédait quelque 160 œuvres de lui. Pour le reste, il gagnait sa vie en étant peintre en bâtiments et fonda une entreprise de décoration où certains de ses amis peintres travaillèrent à ses côtés, notamment un peintre d’origine grecque, Périclès Pantazis. Cela ne l’empêcha pas d’exposer au Groupe des XX. Nous devons aux recherches enthousiastes de Constantin Ekonomides le rassemblement des tableaux de cette exposition dont certains n’avaient plus été montrés depuis longtemps. Venu de Grèce à dix-huit ans, avec une mère enseignante à l’Ecole Européenne, il a fait ses études d’Histoire de l’Art à l’ULB et, intrigué par l’existence d’un peintre grec ayant fait carrière à Bruxelles, il consacra un mémoire à Périclès Pantazis, s’intéressa évidemment à Vogels, et se plongea ainsi dans les courants artistiques qui ont animé la seconde moitié du XIXe siècle. Constantin Ekonomides a organisé au Musée Charlier une série d’expositions et de publications sur les peintres de cette période dont il est devenu un des meilleurs spécialistes. Il poursuit ses recherches dans le cadre de l’Association du Patrimoine artistique. Il est l’auteur d’un livre sur Vogels qui paraît aujourd’hui aux éditions La Bibliothèque de l’Image à Paris. Après l’exposition Albert Philippot, celle que nous dédions à Vogels constitue une deuxième et plus ambitieuse incursion dans le passé, assortie de recherches et d’une publication. À côté de l’attention que nous portons à la création contemporaine, et du temps que nous passons à monter des expositions avec des artistes actifs à Bruxelles, chacun des membres de l’équipe se consacre à des recherches et des publications vouées aux artistes du passé. La fréquentation des artistes d’aujourd’hui nous aide souvent à comprendre les conditions de la création d’autrefois, et cet échange entre présent et passé qui dissipe les barrières du temps nous aide à faire revivre avec la même actualité les préoccupations d’artistes disparus, à présent oubliés ou méconnus. L’association du Patrimoine artistique ne poursuit aucun but lucratif, elle accueille les amateurs d’art, cherche à partager des enthousiasmes et des découvertes. Si vous souhaitez encourager ses recherches, ses expositions et ses publications, vous pouvez soutenir ces activités par une contribution. Nous remercions chaleureusement les collectionneurs qui ont prêté leurs œuvres, rendant ainsi possible cette exposition. Pierre Loze Avril 2011 |
| ESPACE EXPO | |
![]() |
17.03 - 09.04.2011 Association du patrimoine artistique YVES BOSQUET Espace d'exposition, rue Charles Hanssens 7, 1000 Bruxelles
00 32 2 512 27 84, info@associationdupatrimoineartistique.be Ce sont des effigies de femmes, simples et belles, comme on en croise parfois dans la rue ou sur la plage. De vraies femmes, bien en chair, loin de toute imagerie glacée : une jolie baigneuse, une jeune fille d’allure vive, une belle poissonnière d’Ostende, à l’air encore un peu enfant, une Viennoise élégante, une Berlinoise attifée à sa façon… Mais au lieu de s’échapper dans la foule, et de disparaître, elles sont là devant nous, et restent posées candidement, laissant ressortir avec force leur naïve beauté. Le regard est lointain, comme absorbé dans une rêverie prolongée. Elles s’y abandonnent un instant, et ce moment s’éternise. Elles ont les yeux fixés sur un horizon que nous ne voyons pas. Peut-être ont-elles accès à cette éternité qui nous est refusée ? Il est certain qu’elles nous survivront, et ce ne sont pas les quelques conventions vestimentaires les rattachant à notre époque qui les empêcheront de traverser le temps. Curieusement, celles qui sont habillées semblent parfois plus nues, comme si du contact entre ce présent, fait de modes ou d’étoffes reconnaissables, et ce lointain où elles nous projettent naissait un court-circuit un peu indécent, un léger choc, nous livrant au sentiment aigu de la contingence. Nous les contemplons et, subrepticement, elles nous font entrer dans leur état, comme si, par contagion, nous devenions, à notre tour, songeurs, un peu plus vulnérables, peut-être, mais capables de regarder au-delà de l’immédiat, avec un peu plus de sérénité, en si bonne compagnie. Si elles expriment quelque chose, ce n’est pas par le biais de sentiments ou d’humeur. La psychologie et l’expression sont des catégories très neuves. Nul ne contestera leur existence, mais il n’est pas certain qu’elles manifestent tout de l’être. L’âme est une idée beaucoup plus ancienne, gréco-romaine. Et c’est elle sans doute qui se manifeste dans ces statues. Leur regard naît, en partie, du vide de leurs yeux, creusés irrégulièrement où se produit une légère vibration, au contact de lumières changeantes. Ce gouffre, où ne restent que poussière et lumière, nous prend dans son magnétisme, et nous suggère peut-être ce qui nous attend. Le bois, qui n’admet aucun repentir, oblige à la synthèse. Sa contrainte a servi de guide et conduit à une facture qui donne à ces visages leur intensité, leur tranquillité, leur force d’archétypes, et leur confère cette allure de pythies. Certaines de ces effigies sont cependant des portraits, réalisés autrement, par modelage, en terre, et en cherchant la ressemblance. Elles suivent alors un autre guide, mais obéissent à la même exigence de synthèse entre ce qui se voit et ce qui se laisse deviner au-delà de l’enveloppe formelle. Un jour, d’autres générations les recevront en héritage. C’est le lot de tous les objets qui nous entourent. Devenues, avec les ans, des statues d’ancêtres, elles seront regardées avec passion par des arrière-petits-enfants. Ils interrogeront comme nous ces traits impassibles, chercheront à comprendre quel signe cette grand-mère, encore si jeune, ce grand-oncle, encore enfant, a voulu envoyer à une probable postérité. Et ils se diront peut-être que cette époque du tournant de deux millénaires n’était pas aussi sotte et légère qu’on l’a dite. Ni aussi désespérée. C’est le même regard appuyé qui nous conduit vers des sous-bois, des forêts, des horizons lointains ou même des objets que nous devinons, dans quelques matières assemblées. Une sorte d’abstraction concrète qui cherche obstinément un sens, creuse les êtres et les choses, et finalement leur fait murmurer leur existence, dans un ensoleillement silencieux ou mystérieux. Pierre Loze Décembre 2006 |
| ESPACE EXPO | |
![]() |
04.02 - 26.02.2011 espace d'exposition Hommage à Daniel Deltour 1955-2010 Association du patrimoine artistique, 7 rue Charles Hanssens, 1000 Bruxelles
Il avait une façon bien à lui d’aller chercher la beauté comme une irradiation, avant que ne s’impose l’image, avant qu’elle ne se referme en icône et que le galimatias de la culture ne s’en mêle. Il aimait chatouiller l’essence, celle de la peinture ou de la couleur dans ses tableaux, celle de la matière ou de la géométrie dans ses meubles ou son architecture. Pour cela, il avait quelques complices : Charles-Edouard qu’il citait volontiers, mais aussi Héraclite qu’il avait bien lu. Car il ne mâchait pas ses mots et à la sagesse des anciens, il préférait la fureur antique du logos présocratique, le rire sardonique, le coup de gueule ou le coup d’éclat. Il maniait la parole comme le chalumeau, avec des incandescences verbales ravageuses et des effets foudroyants. Il avait aussi des ennemis irréductibles et des aversions incommensurables. Revenu au monde avant l’image, il y débusquait la sensation pure et vive, aimant l’excès, voyant la vie comme un galop flamboyant jusqu’à la chute, météore dans un monde ramené au cours des astres. Hippocrate n’a rien pu pour lui. Bravo l’artiste. La terre a tourné une fois sur elle-même depuis qu’il a disparu. Tout coule, rien ne reste, écrivait-il en lettres d’or sur un de ses tableaux de jeunesse. Nous ne marchons jamais dans la même eau du fleuve sur un autre. Plus que les objets qu’il nous laisse, il nous reste avec lui le souvenir et la conscience plus aiguë des rayons de lumière qui ont traversé l’espace pour venir se poser sur les choses. Pierre Loze. Janvier 2011 |
| ESPACE EXPO | |
![]() |
22.10 - 20.11.2010 Association du patrimoine artitique - Espace d'exposition Albert Philippot (1899-1974) - Dessins et Peintures Association du patrimoine artistique, 7 rue Charles Hanssens, 1000 Bruxelles
+32 25 12 34 21, info@associationdupatrimoineartistique.be La contemplation prolongée est la voie d’accès à cette œuvre. Elle évoque le présent des années d’après-guerre et la fugitive conscience d’en être sorti sauf. Une bombe volante a atteint l’atelier du peintre et a détruit toute l’œuvre qu’il a réalisée jusqu’alors. Quel artiste ne serait désespéré par un tel désastre? Mais les siens sont là, son épouse, ses fils qui ont vingt ans. À travers une sorte de brouillard où la forme se dérobe au profit de l’aura, il tente de saisir l’instant, il suggère cette simple présence des êtres, la fraîcheur de l’élan de vie et l’idéalisme de cette jeunesse qui, à présent, envisage son avenir. Comme Hopper, Albert Philippot tente de rendre compatible l’expression du monde qui l’entoure et les anciens idéaux de l’art. Dans les portraits de ses proches, les coiffures et vêtements trahissent la mode des année’40, mais n’empêchent pas que s’exprime une sorte de souffle insaisissable, et en rendent au contraire la présence d’autant plus touchante. Dans les paysages, la recherche d’une fusion avec le ciel et l’infini rend plus aisément accessible la même sensation d’un art profondément idéaliste, en dépit des orientations de l’art de son temps. L’inspiration du peintre s’appuie encore sur une tradition de l’instant prolongé, qui des Primitifs flamands et passant par F.-J. Navez, G. Vogels ou F. Khnopff traverse la peinture belge. Mais après 45, l’art est décidément parti vers d’autres directions. Et une œuvre de restaurateur, de l’Agneau mystique et d’autres chef-d’œuvres endommagés par la guerre, attend Albert Philippot. Pierre Loze, octobre 2010 |
| ESPACE EXPO | |
![]() |
17.09 - 16.10.2010 Association du Patrimoine artistique - espace d'exposition Martine Boucher / Peintures MINES DE RIEN Association du patrimoine artistique, 7 rue Charles Hanssens, 1000 Bruxelles
info@associationdupatrimoineartistique.be Mais d’où lui viennent cet aplomb, ce coup d’œil, ce rire, cette façon de prendre les choses ? Martine a la conviction de devoir les fondements de sa façon d’être à une petite enfance passée en Afrique. Des souvenirs confus, mais très vifs d’images et de sensations qui lui reviennent souvent. Rien ni personne n’a réussi à effacer l’empreinte de cette prime enfance qui a guidé sa vie comme ses choix artistiques, et qui aujourd’hui traverse complètement sa peinture. Elle entreprend des études libératrices à la Cambre en peinture, elle suit également des cours de gravure à l’académie d’Ixelles. C’est là dans l’atelier de gravure que survient la rencontre décisive avec Sylvie Baucher, précurseur de ce grand courant du mobilier contemporain en Belgique, qui fut pour elle un mentor et une mère spirituelle. A 24 ans, Martine Boucher ouvre sa propre galerie, « Théorèmes » et durant une vingtaine d’années, elle y montrera les nouvelles tendances de l’art et du design, créant l’événement à chaque vernissage. Ensuite, elle se lance dans l’organisation d’expositions internationales, défendant les jeunes designers belges à l’étranger ou les artistes africains en Europe. Car Martine entreprend tout avec une force et une conviction extraordinaires qui s’allient avec un jugement artistique très sûr. Elle est capable de remuer ciel et terre pour faire connaître les créations qui suscitent son adhésion. Elle vit sa propre vie comme un roman, qu’elle raconte d’ailleurs volontiers avec une émotion parfois bouleversante. Chez elle, le drame le dispute toujours à l’humour, à l’épique, aux coïncidences inouïes. Tout se passe avec une intensité extrême. Et voilà qu’elle retrouve le fil des créations qu’elle avait réalisées à la Cambre. Plusieurs veines d’inspiration courent parallèlement dans cette œuvre qui sait aussi ne pas se prendre trop au sérieux… Mines de rien. Pierre Loze septembre 2010 |
| ESPACE EXPO | |
![]() |
22.04 - 29.05.2010 Association du Patrimoine artistique - espace d'exposition Fabien de Cugnac 2000 - 2010 Association du patrimoine artistique, 7 rue Charles Hanssens, 1000 Bruxelles
as.patrimoine.artistique@skynet.be jeudi - vendredi - samedi de 17h à 19h30
Flac. J’ai lu Flac. Et je l’ai pris dans la gueule. Il en est sorti une image, une bouche ouverte comme une écoutille, une respiration, un cri, un chant, un râle, une aspiration, une expiration, une inspiration. Une invitation à y pénétrer, à y remonter le cours du temps, à la recherche de l’origine du monde, à notre origine, à notre être le plus intime. Délicieuse et terrifiante, enivrante, sensuelle, irrésistible. J’ai plongé dans cette bouche fascinante et en est sortie à son tour une logorrhée d’images, la digue était rompue. Clair-obscur, du noir absolu vers la lumière. Nette, claquante, impitoyable, trop vraie parfois pour être identifiable l’image met notre cerveau en déroute. L’image parle à l’âme. Marcel Duchamp, notre père à tous, nous a dit : Le regardeur fait le tableau. La question est : Qui es-tu, toi qui me regardes? Tabou. J’ai touché au tabou. Las du rejet, j’ai décidé de plaire. Je croyais que le nu féminin plaisait, poncif de l’art de tous les temps. Mes nus cosmiques ont semé l’effroi. J’en ai pris le contre-pied, l’infiniment grand, la lumière, la couleur, l’image pieuse, l’image que tout le monde aime : le coucher de soleil. Du décès de mon père à un amour naissant, les couchers de soleil de l’île de Ngor ont été les rimes de mes émotions, le poème de mes sentiments. Plus tabou encore que le vagin, le coucher de soleil est une image interdite en art contemporain. Prout prout. J’ai fait le malin. Je me suis cassé la gueule. Deux fois! N’est pas artiste qui veut. Et je suis parti aux antipodes, là où les gens ont la tête en bas et les pieds en l’air. J’ai fait des images pragmatiques, académiques, décoratives, bcbg. Marchez dessus, ce n’est pas un blasphème, c’est un plaisir (aux antipodes) et lisez les titres, souriez-les, ne vous emmerdez plus : je ne revendique rien. Amitiés à tous Fabien de Cugnac 23-02-2010 |
| ESPACE EXPO | |
![]() |
27.02 - 17.04.2010 Association du Patrimoine artistique - espace d'exposition ANNE BOLAND jeudi, vendredi et samedi de 15h à 18h30 Association du patrimoine artistique, 7 rue Charles Hanssens, 1000 Bruxelles
as.patrimoine.artistique@skynet.be Comment faire pour évoquer cette sensation ? Vous êtes là, dans la rue, une femme passe, jolie robe, démarche gracieuse, elle traverse un carrefour, croise des signaux, longe un chantier. Des couleurs, du mouvement, une simultanéité. Mais rien qui ne nécessite un développement. C’est le présent tout pur, sans regret, sans projection dans l’avenir. Juste ici, maintenant : un cadeau de l’instant, le monde vous semble beau, en cette minute. C’est un élan, même pas une idée, une simple disposition d’esprit qui vous prend. Cela peut arriver partout, dans le métro, à l’Innovation ou en feuilletant un magazine. Souvent, un rayon de soleil printanier y contribue… Anne Boland cherche à capter ces instants et à nous les restituer en même temps que le lointain souvenir de ce qui les a causés. Par une tension spatiale, par une juxtaposition de formes et de couleurs très particulières qui s’offrent en suspension, sans perspective, elle en rend le caractère fugace, l’aspect impromptu, presque arbitraire. Elle en ressuscite aussi l’effet dynamisant et nous le fait partager. Là où l’écrivain s’empêtrerait dans les mots et le récit, elle réussit, comme y parviennent les musiciens, à planer au-dessus des choses et à susciter en nous cet élan, cet appétit plus indispensable à la vie que n’est l’art lui-même. Pierre Loze Janvier 2010 |





















